mardi 14 janvier 2020
Furcy, Madeleine, et Sue
mercredi 8 septembre 2010
Parcours croisés, c'est fini ?
Les Parcours késako ?
Au départ, l'initiative d'une plasticienne du coin, Pascale Mandonnet, qui a su mettre la barre haut, et fédérer les énergies autour d'une randonnée un peu spéciale :
Itinéraire en sentiers cachés, parfois ouverts pour l'occasion, déambulation à travers champs avec la complicité des agriculteurs, une vraie marche donc. Dix kilomètres cette année.
Une marche un peu spéciale parce que des oeuvres d'artistes, amateurs et professionnels invités, jalonnent le trajet, conçues pour et par le paysage.
Un parcours vraiment extraordinaire, car les artistes venus d'ailleurs sont accueillis en résidence durant le temps de la création chez les habitants eux-mêmes. Accueillis à la maison, en famille, pour travailler le paysage avec l'aide des paysans.

Alors quoi ? Depuis plus de dix ans, ils y parviennent, avec des budgets raisonnables et beaucoup de bonnes volontés. La Drac a décidé de ne plus les suivre. Quelques milliers d'euros en moins, c'est l'enterrement des Parcours croisés. A quoi serviront-ils ces quelques milliers d'euros ? Même pas de quoi organiser un coquetèle digne de nos ministères...
Ils étaient trop libres, probablement, ces habitants.
Photo : oeuvre de Michel Leclercq, Parcours croisés 2010
mardi 31 août 2010
Réveillez-nous, nous sommes tous morts
On réessaye de s'y mettre, il y a matière.
Retour de Ouessant, un trou dans la mer, cette île, qui absorbe, qui concentre, qui épuise et régénère en même temps. Un trou dans l'horaire.


http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1000
dimanche 24 février 2008
mardi 6 novembre 2007
mardi 11 septembre 2007
Une plongée dans dix années d'activités
Egalité mystik
Liberté plastiK


- L'usine de Grands Bois, avec les animateurs de l'Association Jeunesse Initiative
- Le Moulin à café avec les animatrices de la Ravine des cabris
- Le lycée agricole de Saint Joseph avec les lycéens
- Le musée de Villèle et le jardin de l'État avec le personnel du musée
- Le petit théâtre de Conflor avec la compagnie Conflor de Saint André
- L'espace Laleu avec le personnel municipal de Saint Leu
- L'office culturel bénédictin avec les membres de l'association OCB
- Le musée de Stella Matutina avec les artistes de l'ouest
- Le musée Léon Dierx avec tous
- L'hémicycle du Conseil Régional avec le personnel de l'Université
L'installation évolutive comprend une cage, des peintures, et, à la Région, un dispositif vidéo.
Voici les premières lignes de la performance :
" Mi apel Furcy. Méssié Lory i gard amoin kom zesklav. Amoin, mi koné moin lé lib. Mi ve mon liberté."
Nous sommes en 1817, aux premiers jours de décembre. Furcy se présente devant la Cour royale de Bourbon pour faire reconnaître son droit. Dans la main, il tient la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ; dont l'article premier énonce : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits".
Passés les premiers instants de surprise - l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises sera décrétée trente et un ans plus tard - Sully BRUNET, substitut du procureur, acquis aux idées révolutionnaires, lui conseille de notifier sa résolution par exploit d'huissier à Monsieur Lory et inscrit l'affaire au rôle. Il se prononce avec l'accord de son procureur général, Gilbert BOUCHER, "pour la liberté absolue et immédiate de Furcy".
Très vite, ils vont être écartés de l'affaire.
Le 13 décembre 1817, la gazette de l'île de Bourbon publie, avec le nom de Furcy dans la liste relevée par le bureau du marronnage, l'annonce du départ du procureur général BOUCHER pour la Métropole ; son substitut Sully BRUNET, créole, est exilé à la Rivière des Roches sous surveillance policière. Philippe Panon, Baron Desbassayns de RICHEMONT, Commissaire général et ordonnateur de l'île Bourbon, veille à ce que soit étouffé dans l'œuf ce qu'il considère comme un "attentat à l'ordre colonial".
Le 17 décembre 1817, les gêneurs éloignés, les huis indiscrets clos, un procès plastik peut s'installer :
Gillot l'Etang, ex-avocat général, remplace le Procureur Boucher dans l'exercice de ses fonctions. Masqué en défenseur de la Loi, il imposera l'ordre colonial modelé en Conseil Privé privé.
A ses côtés, Lory porte le masque blême du propriétaire usurpé dans son bien.
En face d'eux, Furcy, debout et le visage découvert à la conquête de sa liberté.
Cette histoire édifiante fut sortie de l'ombre par l'historien Hubert Gerbeau (Hubert Gerbeau, Les libertés de Bourbon : d'une révolution à une autre, in Révolution française et Océan indien, textes réunis par Claude Wanquet et Benoît Jullien, Université de La Réunion, 1990).
Arius et Mary Batiskaf la découvre un peu par hasard, et décide, à l'occasion du 150ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage, de donner des ailes à ce héros positif, en portant son message tout autour de l'île :
Furcy té sot lamer pou gaign laliberté. Zordi, laliberté lé la mimn. A nou fè respekte nout liberté ici mimn, a nou plastik nout liberté d'ici-dan.
En 2000, Liberté plastik, le livre qui relate cette aventure humaine, est publié par les éditions Grand Océan (il est toujours disponible, distribué à ce jour par Dodo vole).
2005 : les archives de l'affaire Furcy sont mises aux enchères à Drouot. Mohammed Aissaoui décide de consacrer un essai à ce héros. Le livre L'affaire de l'esclave Furcy sort chez Gallimard en 2010. Il est couronné par le prix Renaudot de l'essai.






















