mardi 14 janvier 2020

Furcy, Madeleine, et Sue

On en sait désormais beaucoup plus sur la véritable histoire de Furcy, grâce au travail remarquable que l'historienne Sue Peabody a réalisé autour de la personnalité de Furcy et autour de sa famille (ouvrage désormais traduit aussi en français et publié par Karthala):

Madeleine’s Children : Family, Freedom, Secrets, and Lies in France’s Indian Ocean Colonies

Le musée de Villèle met cette histoire à l'honneur jusqu'à la fin du mois d'avril 2020.



Les liens vers l'exposition sont ici :

Et pour ceux qui veulent approfondir l'histoire de Furcy, le site Erudit publie ici un édifiant article (issu de la Revue d'histoire de l'Amérique française) en français de Sue Peabody :

mercredi 8 septembre 2010

Parcours croisés, c'est fini ?

Nous n'étions pas très nombreux, les tenaces, les amis, pour cette "marche funèbre" des Parcours croisés de Cambremer. Une marche comme un appel, pour que l'aventure des Parcours puisse perdurer, elle le mérite.

Les Parcours késako ?

Au départ, l'initiative d'une plasticienne du coin, Pascale Mandonnet, qui a su mettre la barre haut, et fédérer les énergies autour d'une randonnée un peu spéciale :
Itinéraire en sentiers cachés, parfois ouverts pour l'occasion, déambulation à travers champs avec la complicité des agriculteurs, une vraie marche donc. Dix kilomètres cette année.

Une marche un peu spéciale parce que des oeuvres d'artistes, amateurs et professionnels invités, jalonnent le trajet, conçues pour et par le paysage.

Un parcours vraiment extraordinaire, car les artistes venus d'ailleurs sont accueillis en résidence durant le temps de la création chez les habitants eux-mêmes. Accueillis à la maison, en famille, pour travailler le paysage avec l'aide des paysans.




Alors quoi ? Depuis plus de dix ans, ils y parviennent, avec des budgets raisonnables et beaucoup de bonnes volontés. La Drac a décidé de ne plus les suivre. Quelques milliers d'euros en moins, c'est l'enterrement des Parcours croisés. A quoi serviront-ils ces quelques milliers d'euros ? Même pas de quoi organiser un coquetèle digne de nos ministères...

Ils étaient trop libres, probablement, ces habitants.


Photo : oeuvre de Michel Leclercq, Parcours croisés 2010

mardi 31 août 2010

Réveillez-nous, nous sommes tous morts

Pas vraiment actif ce blog. Faut dire que sans l'ADSL...
On réessaye de s'y mettre, il y a matière.
Retour de Ouessant, un trou dans la mer, cette île, qui absorbe, qui concentre, qui épuise et régénère en même temps. Un trou dans l'horaire.



Ici la coutume de Nouvelle Calédonie, échange de présents qui autorise la rencontre, en sol étranger. Une réminiscence de temps anciens, une incertitude des temps à venir, merci à Denis, Hamid et Roland d'avoir partagé ce moment des petits-déjeuners, d'avoir ouvert la fenêtre sur cet autre côté de la terre. Retrouvée dans leurs paroles la complexité de nos sociétés mélangées-créoles-multiculturelles : impossible de portraiturer.




Ici le Cromlech [cromler], vrais menhirs où les (faux ?) druides viennent saluer la naissance du jour au terme de nuits bien arrosées. Pour cette île qui nous câline de ses brumes, le rite s'impose, nous lui devons bien ce lever matinal, nous le sentons.

http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1000

Ici un lien vers le tiers livre, millième billet de François Bon. Et cette découverte, pour les numériliens : il existe encore des pays sans ADSL, voire même sans électricité. Et des enfants qui posent les divisions sur le papier.





dimanche 24 février 2008

mardi 11 septembre 2007

Une plongée dans dix années d'activités


Pour vous qui découvrez Arius et Mary Batiskaf, voici quelques images de nos principaux travaux. N'hésitez pas à nous faire part de vos remarques, de vos questionnements... en 2007 toujours à la recherche de la fraternité, A+MB se met à blogger.

Egalité mystik



Le 24 décembre 1999, la galerie Art'Sénik accueille A+MB pour la première représentation de la tentation de Joseph à la sortie du labyrinthe construit pour Egalité mystik. En 2000, c'est le Sépulcre de Caen qui accueille cette installation-performance.

Liberté plastiK


De mai 1998 à mai 1999, Arius et Mary Batiskaf a porté tout autour de l'île de La Réunion une reconstitution de procès, performance pour des acteurs de circonstance, mise en cage dans une installation itinérante pour dix lieux d'accueil.

150 ans après l'abolition de l'esclavage, l'histoire de ce Furcy a mis en l'air un héros positif, et en évidence des rapports de force pas toujours clairs.


Le procès Furcy, reconstitution imaginée et écrite par Johary Ravaloson, a été interprété par une centaine d'acteurs bénévoles recrutés sur place, au sein de lieux d'accueil très différents :

- L'usine de Grands Bois, avec les animateurs de l'Association Jeunesse Initiative
- Le Moulin à café avec les animatrices de la Ravine des cabris
- Le lycée agricole de Saint Joseph avec les lycéens
- Le musée de Villèle et le jardin de l'État avec le personnel du musée
- Le petit théâtre de Conflor avec la compagnie Conflor de Saint André
- L'espace Laleu avec le personnel municipal de Saint Leu
- L'office culturel bénédictin avec les membres de l'association OCB
- Le musée de Stella Matutina avec les artistes de l'ouest
- Le musée Léon Dierx avec tous
- L'hémicycle du Conseil Régional avec le personnel de l'Université

L'installation évolutive comprend une cage, des peintures, et, à la Région, un dispositif vidéo.
Voici les premières lignes de la performance :

" Mi apel Furcy. Méssié Lory i gard amoin kom zesklav. Amoin, mi koné moin lé lib. Mi ve mon liberté."

Nous sommes en 1817, aux premiers jours de décembre. Furcy se présente devant la Cour royale de Bourbon pour faire reconnaître son droit. Dans la main, il tient la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ; dont l'article premier énonce : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits".

Passés les premiers instants de surprise - l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises sera décrétée trente et un ans plus tard - Sully BRUNET, substitut du procureur, acquis aux idées révolutionnaires, lui conseille de notifier sa résolution par exploit d'huissier à Monsieur Lory et inscrit l'affaire au rôle. Il se prononce avec l'accord de son procureur général, Gilbert BOUCHER, "pour la liberté absolue et immédiate de Furcy".

Très vite, ils vont être écartés de l'affaire.

Le 13 décembre 1817, la gazette de l'île de Bourbon publie, avec le nom de Furcy dans la liste relevée par le bureau du marronnage, l'annonce du départ du procureur général BOUCHER pour la Métropole ; son substitut Sully BRUNET, créole, est exilé à la Rivière des Roches sous surveillance policière. Philippe Panon, Baron Desbassayns de RICHEMONT, Commissaire général et ordonnateur de l'île Bourbon, veille à ce que soit étouffé dans l'œuf ce qu'il considère comme un "attentat à l'ordre colonial".

Le 17 décembre 1817, les gêneurs éloignés, les huis indiscrets clos, un procès plastik peut s'installer :

Gillot l'Etang, ex-avocat général, remplace le Procureur Boucher dans l'exercice de ses fonctions. Masqué en défenseur de la Loi, il imposera l'ordre colonial modelé en Conseil Privé privé.

A ses côtés, Lory porte le masque blême du propriétaire usurpé dans son bien.

En face d'eux, Furcy, debout et le visage découvert à la conquête de sa liberté.

Cette histoire édifiante fut sortie de l'ombre par l'historien Hubert Gerbeau (Hubert Gerbeau, Les libertés de Bourbon : d'une révolution à une autre, in Révolution française et Océan indien, textes réunis par Claude Wanquet et Benoît Jullien, Université de La Réunion, 1990).

Arius et Mary Batiskaf la découvre un peu par hasard, et décide, à l'occasion du 150ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage, de donner des ailes à ce héros positif, en portant son message tout autour de l'île :

Furcy té sot lamer pou gaign laliberté. Zordi, laliberté lé la mimn. A nou fè respekte nout liberté ici mimn, a nou plastik nout liberté d'ici-dan.

En 2000, Liberté plastik, le livre qui relate cette aventure humaine, est publié par les éditions Grand Océan (il est toujours disponible, distribué à ce jour par Dodo vole).

2005 : les archives de l'affaire Furcy sont mises aux enchères à Drouot. Mohammed Aissaoui décide de consacrer un essai à ce héros. Le livre L'affaire de l'esclave Furcy sort chez Gallimard en 2010. Il est couronné par le prix Renaudot de l'essai.





Du vent, de la lumière, des cris...




Girafes




lundi 10 septembre 2007

Quelques visions du Mozambique



A l'invitation de l'association Historun, et dans le cadre du projet Unesco La route de l'esclave, nous sommes allés poser notre contribution au Jardin de la mémoire conçu par Karl Kugel pour l'Ile du Mozambique...un lumineux moment de partage.

A+MB se met au blog...


Pour fêter ses dix années d'activités, Arius et Mary Batiskaf plonge dans l'univers du blog, toujours à la recherche de la fraternité.

Cette année encore, de Cilaos à l'Ile du Mozambique, en passant par la Normandie, Arius et Mary Batiskaf poursuit son sinueux périple, et sème...